Max Bianchimani

Olympiades

1- Apollon, Héraclès, Cronos et les autres...
Apollon,
l'ex-dieu
déchu de ses diplômes divins se leva, sa
démarche était encore empreinte d'une fatigue somnolente. Il alla
jusqu'à la fenêtre.
La vue sur la ville de Troie était
magnifique. "Putain se dit-il, encore une nuit à me faire chier, ce
n'est pas possible
d'être un des plus beau gabarit de la planète
et d'être obligé de se palucher." Effectivement celui qui était adulé
et considéré
comme le mec plus ultra de la plastique
masculine était obligé de s'adonner à la pratique préconisée par le
sympathique, mais
néanmoins personnel au niveau de l'orgasme
primaire, le plus tout jeune Onan.
Quand il pensait que son
demi-frère et demi-dieu,
ce con d'Héraclès (Hercule pour les latins),
pas vraiment une lumière (d'où son surnom de Cul-Cul) se tapait tout ce
qu'il
voulait. Et ce, malgré les travaux de
rattrapage qu'il faisait pour expier son moment de folie. Quand même !
tuer ses minots,
faut pas être vraiment fini.
Mais enfin, force était de reconnaître que toutes ces coucheries consanguines engendraient
un peu trop de jobastres et il fallait bien endiguer cette démographie galopante.
Son
grand-père Cronos, dit Pépé Cro-Cro,
Titan de son état, avait tout compris. De
temps en temps il ingurgitait un de ses tarés de fils. Son père Zeus, Zè
pour les
intimes, avait failli se faire engloutir au
p'tit dèj', heureusement pour lui Rhéa, Mémé Réré, veillait à assurer la
descendance
et trouvait que bouffer ses enfants risquait
d'attirer l'attention. Elle se mît à la cuisine et récupéra donc Zè,
Poséidon
le roi du crawl et du tsunami, dit Poz' et
Ares, dit le sanglant. C'est ce con qui inventa la guerre, le
Charlemagne du génocide.
En fait, Cro-Cro avait surtout peur de perdre
sa place et éliminait les prétendants à sa succession. En finalité il
termina
ses jours comme gentleman-farmer à cultiver
les choux avec sa femme dans un bled perdu de l'Italie profonde, comme
quoi...
Pour l'anecdote c'est Cro-Cro qui inspira "Massacre à la tronçonneuse". Il découpa son papa, le titan Uranus. Mais comme
le diesel n'existait pas, il le dépeça à la faux.
Pour
en revenir à notre ami Polo, précisons qu'à sa décharge le pauvre
était submergé par ses fonctions. Il devait
s'occuper des Arts, des Sciences et des Lettres, ce qui était assez dans
ses cordes.
Mais la tâche la plus chiante et la plus
dégradante fût son portefeuille à l'EDG (Electricité de Grèce) ou la
Lumière comme on nommait plus prosaïquement ce ministère. Là, y avait du boulot !
Avec tout ça, il ne
voyait pas comment il aurait pu avoir une vie normale.
Sa
poufiasse de jumelle, Artémis, pucelle à vie et Sélénite de
surcroît, avait hérité des Eaux et Forêts, tu
parles de l'égalité des tâches ! Elle attigeait un peu quand même, sous
prétexte
d'être condamnée à la puberté éternelle, elle
avait transformé le jeune Actéon en cervidé et l'avait fait bouffer par
ses
chiens. Lequel était, il faut le préciser,
outre un spécialiste de la chasse en sous-bois, le fils d'Aristée dit
Riri, apiculteur,
expert en olive et également fils du beau
Polo. Ouais, on peut dire que c'était le petit-fils de son frangin !
C'est-à-dire
son neveu par extension congénitale. Cette
saute d'humeur déessiale fût faite sous le prétexte fallacieux que le
chasseur
en rût avait voulu briser l'hymen de sa
Tantine. Elle n'avait qu'à pas se baigner à poil, la grognasse ! Quand
on a les lèvres
génitales en rideau et que l'on possède en
plus des pouvoirs olympiens pas très bien maîtrisés, on ne provoque pas
l'érection,
même d'un parent ! Car les conséquences
peuvent être anormalement disproportionnées.
Entre parenthèse, le
sieur Aristée
n'était pas vraiment un cadeau. Puisque que
suite à son amour pas très moral pour Eurydice, celle-ci en mourût et
son encorné
de mari Orphée, Phéphé pour les intimes, ne
supportant pas le veuvage intempestif alla foutre le ouaille chez
l'oncle de Polo,
Hades dit Dédé, le boss des Enfers. Donc, à
cause de lui, on a eu droit à Jean Cocteau comme réalisateur de
films(dur)et par
voie de conséquence à Jean Marais comme
acteur (très dur) dans Orphée. Excellent pour les cinémathéquophiles,
c.a.d. une trentaine
de personnes par ville de plus de 100.000
habitants. Mais assez insupportable pour le reste de la population
cinéphile.
Avec
tout ça, il ne savait même pas comment il
avait pu avoir de la progéniture, à son avis c'était un coup de ces
salopes de muses,
ses neuf demi-sœurs. Elles devaient faire des
gniards par l'opération des cinq esprits ! Pas vraiment claires,
celles-là
!
La seule qu'il avait voulu enjamber,
c'était cette allumeuse de Daphné, mais que dalle, elle avait serré
l'entrejambe
et comme à cette époque il avait quelques
pouvoirs, il avait voulu la transformer en Sapritch. Mais comme il avait
taillé
pas mal de cours de magie destinés aux dieux,
la non-consommée se retrouva en fleur,dans les lauriers.
En fait ce
qu'il
voulait c'était une vraie partie de jambes en
l'air, style Olympiade, comme son père le grand Zé. Ce con ne se
faisait pas
chier, il niquait tout ce qui bougeait.
Heureusement les pensions alimentaires n'existaient pas, sinon il aurait dû déposer
le bilan ! Quant aux allocs...
Mais Polo
avait des principes et se perdait dans le baobab généalogique familial.
Il ne
voulait pas risquer de trombonner une de ses
filles ou quelqu'un de sa famille. Et surtout ne tenait pas à finir
comme le
pauvre Oedipe, complexé et avec une canne
blanche !
Donc le manque de temps et les scrupules de moralité en avait fait
un Onaniste pas très convaincu, mais actif.(Dans son entourage, on l'avait surnommé Aristote !)
Mais
aujourd'hui, suite
à une connerie de jeunesse il ne faisait plus
partie des Douze Olympiques. C'est vrai qu'il n'avait pas réfléchi. Un
réflexe
primaire, le truc inconsidéré. Imaginez ! Son
père, Zè, tue un de ses fils, Esculape le patron des patrons de la
médecine.
Qui était tout de même son petit-fils, ne
l'oublions pas ! Vous, si votre père tue votre fils, vous vous demandez
pourquoi
et vous en discutez tranquillement avec lui,
normal !
S'il l'a fait c'est qu'il avait une raison. Sinon, c'est la porte
ouverte à toutes les invraisemblances meurtrières.
Vous
allez voir que le petit l'avait un peu cherché. Figurez-vous qu'il
avait joué les J.C. Il avait fait, tenez-vous
bien ! Lever et marcher un mort ! invraisemblable, non ? Et de quoi, je
me mêle
? A quoi, il va servir J.C. plus tard ? il
aura l'air tout con. "Ah! t'es pas le premier à faire ça ! Scul' l'a
déjà
fait ! etc... etc... La honte publique pour
le pauvre fiston de qui vous savez ! C'est vrai que devenir grand chef
de
la médecine à son âge et sans études, l'avait
un peu déconnecté de la réalité. Il avait oublié que s'il n'avait pas
eu de
piston, il serait resté tout juste infirmier.
Donc, qu'est-ce qu'il a fait Zé ? Et bien ! il l'a foudroyé.
C'est
quand
même sympa, non ? Il aurait pu le
dynamiter... le faire bouffer par Cerbère... le faire sodomiser par
Hercule... y en a des
trucs méchants qui font vraiment mal, à la
portée d'un balèse comme Zeus ! Il l'a tout simplement foudroyé. Mais
gentiment,
avec une animosité toute grande-paternelle.
Vous voyez, y avait pas vraiment de quoi, s'emporter. Sur les conseils
un peu
machiavéliques de Tonton Poz, Polo assez
affaibli mentalement par ses paluchées nocturnes, se laissa influencer
et ne trouva
rien de mieux que de prendre son arc spécial
olympique, genre riot-bow, et de flécher les gentils cyclopes qui
fabriquaient
la foudre. D'une puérilité vraiment
déconcertante. Le truc de gamin capricieux. " Ah ouais ! tu me casses
mon jouet alors
je te casse les tiens, na !" Les pauvres
ouvriers-foudriers, handicapés visuels de surcroit, ne méritaient pas ce
châtiment,
vous en conviendrez !
Si les fils de patrons commencent à tuer leurs besogneux, mais où va-t-on ?
La
sentence fût
immédiate, Zeus exila l'indélicat et son
tonton. Il les castra de leurs pouvoirs et hop ! Direction la terre .
Mais
pour
lui montrer qu'il n'était pas trop vache, il
le fît embaucher comme ingénieur principal auprès du roi de Troie,
Laomédon.
Son boulot: construire des murs autour de la
ville. Dès fois que des connards se mettent en tête de l'assiéger !

 





 




  

 

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Veröffentlicht auf e-Stories.org am 27.09.2010.

 

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