Patrice Faubert

Chronicité intempestive

Tout individu
Ne sait que les autres
Tout individu
Des autres est un apôtre
Tout individu est un autre
Tout individu
N'est pas l'autre
Tout individu
Est quelque chose d'autre
Comme feu ( 1898 - 1960 ) Felix Kersten
Fameux médecin masseur guérisseur, toujours en peine
Contre ses soins, des vies humaines
D'insolites tractations avec feu ( 1900 - 1945 ) Heinrich Himmler
Pour Kersten, ce fut sa guerre
Sauver des vies, d'étranges honoraires
C'est l'exemple type
De la loi de compensation
Qui fait la lippe
A toutes les exemptions
Comme la misère
Des sous-prolétaires
De jeunes réactionnaires
Qui ont assassiné le très jeune Clément Méric
A la CNT puis à Sud, puis ailleurs, c'est épique
Un pauvre gosse au corps cadavérique
Qui se cherchait, pour trouver une éthique
C'est le quotidien
Divulgué, coupé comme du pain
Qui est la vraie poésie
Dans le caniveau, sans aucun chichi
C'est la lettre de loin en loin
Que l'on reçoit d'un ami lointain
 
" Bandol le 10 juin
 
Salut Patrice !
 
J'ai bien reçu ton dernier poème. Merci. Tu t'inquiètes
pour mon alcoolisme, c'est gentil. Je n'ai pas arrêté
complètement mais j'ai cassé le quotidien ! de temps en temps -
ça commence à aller mieux du point de vue de la santé !
Pour ce qui est de faire un blog, pas la peine. Mes dessins ( anciens et présents )
sont sur le blog de Cobra ( Tréponème Bleu pâle ) ça me motive un peu
pour dessiner. Il doit sortir un album à l'automne, intitulé " Il était une fois
la presse underground " et en principe je dois faire la couverture.
Porte toi bien
Amitiés

Aspic "
 
Chaque être humain
Est un livre
Dont il est ivre
Riche ou pauvre, c'est son seul bien
La vie est son seul lien
Tout un chacun
Veut accaparer l'attention
Ainsi chacun et chacune dans son coin
La prison de la prétention
Tout un chacun
A son musée
Avec sa sortie, son entrée
Dont chacune et chacun est le gardien
Venez donc me visiter
Ne cessent-ils de répéter
Et comme ils disent tous cela
Personne ne s'intéresse à personne, voilà
Chacun chacune
Ne s'intéresse qu'à sa petite personne
Chacun chacune
Dans son musée, attend que l'on sonne
Cela peut durer longtemps
Nous sommes notre public, nos gens
Poète, peintre ,dessinateur, ou rien
Au même cela revient
Des millions de personnes
Dans le monde, écrivent
Des millions de personnes
Dans le monde, peignent
Des millions de personnes
Dans le monde, écrivent des poèmes
Des millions de personnes
Dans le monde, dessinent
Des millions de personnes
Dans le monde, sculptent
Des millions de personnes
Dans le monde, s'aiment
Des millions de personnes
Dans le monde, se détestent
Rien n'est plus original
Absolument tout est devenu banal
Tout le monde fait son cinéma
Parfois, on en fait tout un plat
Il y a de la concurrence
Des plus malins c'est la danse
Des plus arrivistes c'est la transe
Pourtant
Quoi que nous fassions
C'est un grand vide
C'est un grand rien
La vie ne veut pas de musée
La vie ne veut pas être figée
La vie ne veut pas être imitée
La vie veut simplement la vie
La vie veut simplement qu'on la vive
La vie ne se milite pas
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des militants
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des peintres
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des écrivains
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des poètes
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des dessinateurs
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des travailleurs
Je cherche un homme
Il n'y a plus que des chômeurs
Je cherche une femme
Il n'y a plus que des hommes
Je cherche un homme
Et personne ne me cherche
Cela serait si simple
Si tout le monde pensait les mêmes choses
Cela serait si simple
Si tout le monde s'offrait des roses
Transports gratuits
Partout dans le monde
Pour les précaires, les indigents, les démunis
Les chômeurs, les sans argent, les sans abri
Sans aucun justificatif administratif
Sans l'obligation d'en faire une manif
Plus d'écriture, de peinture, de poésie, l'aliénation qui gronde
La vie enfin qui sort sa fronde
Nos cultures ne sont pas intelligentes
A la générosité, à la solidarité, elles sont indigentes
A la vie
L'écriture est morte
A la vie
La peinture est morte
A la vie
La poésie est morte
A la vie
Le dessin est mort
A la vie
La technoscience et les arts
Sont la mort
Il n' y a pas de vie sur Terre
Car l'argent est son enfer
Le gratuit pue le gratuit
Si c'est la vie de l'énergie
Le gratuit est l'anarchie
Si c'est l'énergie de la vie
Une pensée à feu ( 1894 - 1961 ) Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline
Le père du style en écriture
Que son temps traita en ordure
Et qui pour un livre édité de 400 pages
Devait écrire à la main 80 000 pages
Peu importe au lecteur les épluchures
Il veut manger le fruit mûr
Certes, de sa petite personne, il faut payer
Rien n'est jamais désintéressé
La gratuité n'est jamais gratuite
C'est une motivation jamais fortuite
J'en conviens, je ne suis pas drôle
Je l'admets, je ne joue aucun rôle
L'intérêt
Est le contraire de la gratuité
Qui n'est que la gratuité de l'intérêt
Et tout se fait par intérêt
Et tout est intéressé
Toi, moi, eux, elles, lui
Donc, la gratuité
Des transports, des restaurants, des cinémas
Et de tout ce que vous voudrez
Et ce, sans aucune paperasserie , enfin l'anarchie
Et ce, sans aucune bureaucratie, enfin l'anarchie
C'est encore l'intérêt de la gratuité
Qui n'est que la gratuité de l'intérêt
Et nous pourrions enfin crier
Terre, Terre, à nous en époumoner
 
Patrice Faubert ( 2013 ) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway.fr "

 

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Veröffentlicht auf e-Stories.org am 21.09.2016.

 

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