Patrice Faubert

Paraphysique de la collaboration

En temps de paix
En temps de guerre
Et ce sont des faits
Comme d'habitude, cela va déplaire
Il faut toujours collaborer
Pour boire, pour manger
Sinon, ce serait comme se suicider
Et donc, à tout, refuser de participer
Certes
Il y a le relatif et l'absolu
Mais la vérité met tout à nu
Ainsi
Dans les années 1940, en pleine guerre
Il y eut la collaboration artistique
Il y eut la collaboration économique
Le chanteur, l'acteur, l'ouvrier, le patron,  le savoir-faire
Ce fut le mur de l'Atlantique
Le cabaret, le commerce, tristesse mélancolique
Il fallut d'abord collaborer
Avant de s'organiser et de résister
Fausse collaboration
Et vraie résistance
Parfois
Fausse résistance
Et vraie collaboration
Le plus souvent
Comme aujourd'hui
Nous sommes contre le capital
Mais nous en profitons, c'est banal
Le pauvre achète le moins cher
Ce qui provient de l'exploitation
De l'au-delà des frontières
Peut-être un chinois avant son exécution
Le riche peut acheter plus cher
De son propre pays, plus équitablement
Et avec moins d'exploitation, paradoxalement
Plus facile d'y voir clair
Ainsi
Yohann Diniz, 36 ans, frénétique marcheur
3h 32mn 33s, au 50 km marche
Record du monde, il va vite le facteur
Il trace la route à coups de hache
Un champion qui lit Bakounine
Surprenant, car le monde du sport baratine
Mais c'est toujours la marche du capital
Qui semble par-delà le bien et le mal
Même si tout à une explication
Dans la rébellion comme dans la soumission
Parfois les mots sont novices
Souvent les mots sont complices
Comme le mot frigide
Moins le f, cela devient rigide
Frigidité, rigidité, le sexe fermé
Mais il faut se méfier des généralités
Car ainsi, tout impuissant, serait un méchant
La physiologie se joue des clichés, du tout-venant !
Et être vraiment indépendant
C'est d'être de nulle part, évidemment
Ce qui n'appartient à rien, jamais ne ment
Mais nous appartenons toujours à quelque chose
Et pour ce quelque chose, nous prenons la pose
Une famille, une idéologie, un parti, un sport, une religion
Un groupe, une tribu, une association, une passion, une organisation
Bref, à une corporation, encore de la collaboration
Car avec tout cela
Forcément, de près ou de loin, nous collaborons
Et c'est reparti pour un tour
En plus léger ou en plus lourd
Dans la vie de tous les jours !
Nous fréquentons des gens de tous bords politiques
Sans que nous trouvions cela dramatique
Dans notre famille, au travail, dans le couple
Et un peu partout, tout le monde est souple
N'est-ce pas encore une forme de collaboration ?
Si l'on va jusqu'au bout de la généralisation !
L'ouvrier qui fabrique des armes
Et qui aux mères fait verser des larmes
Toute consommation qui entretient la machine
En Europe, aux Amériques, ou en Chine
Et si le monde est finalement devenu nazi
Nous y collaborons en petite ou grande partie
Dès que nous achetons, dès que nous vendons
Dès que nous y participons, nous y collaborons !
Nous ne pouvons vraiment apprécier
Que ce que nous avons su ou pu pratiquer
Un sport, une recherche, un mariage, un divorce
Une maladie, un accident, une fracture, une entorse
L'auto-stop, toutes les choses de la vie
Seulement là, nous savons ce que cela signifie
Car très vite l'on s'identifie
Dans le travail, la douleur, l'entraînement, l'attente, que cela implique !
Et alors cela fait taire nos critiques
Car le mot souffrance n'est pas la souffrance
Ou autre chose, c'est l'évidence
Donc
Nous sommes contre le capitalisme
Qui est à la source de beaucoup de cataclysmes
Mais
Nous payons nos loyers
Sinon nous sommes expulsés
Mais
Nous payons notre gaz, notre électricité
Pour pouvoir se chauffer et pour pouvoir manger
D'une façon l'autre
Nonobstant, vous le savez, je n'en suis pas l'apôtre
Cependant
Au système que nous abhorrons
Comme tout le monde, nous y collaborons !
Mais nous l'ignorons
Car tous les êtres humains sans exception
Sont surtout bourrés de prétention
Alors que par exemple, c'est ahurissant
Dans notre corps, tout naît et tout meurt
Cette apoptose qui de l'or, vaut son pesant
Ô étrange phénomène tueur
Cent milliards de cellules perdues chaque jour
Et le même renouvellement de secours !
Pas le moindre gramme de liberté
Tant pour le dominant que pour le dominé
Le capital est notre souteneur
Nous sommes ses péripatéticiennes, toujours en chaleur
Quoi que nous fassions
Inévitablement, nous l'entretenons
En chômage, en prison, à l'hôpital,  ou en dopage
A la retraite, à l'école, au travail, et même en braquage
A toute révolution, le capital est un  épouvantail
Il peut s'adapter à tous les rails !
Et puis
Des petits Poutine partout
Des petits Hollande partout
Des petits Obama partout
Des petits Le Pen partout
Des petits ceci ou cela partout
Prêts pour la relève réactionnaire
On les élève sous des serres
Ce sont les plantations
Les usines de la collaboration
De toutes époques, de tous temps
De la collaboration c'est le renouvellement
A tous les régimes, à toutes les tyrannies
Et donc, à toutes les religions, à toutes les idéologies
Tous les mots
Font la circulation de la collaboration
Ils en sont la totale incarnation
Chaque époque, chaque tyrannie, avec son sceau
La collaboration au capital
Est le capital de la collaboration
Avec son extrême gauche, sa gauche
Son extrême droite, sa droite
La pensée séparée, la pensée étroite
Ou même la plus belle femme est moche !
Tout mot doit être désinfecté
Car, par la collaboration, il a été employé
Toute prison est une collaboration
Toute collaboration est une prison
Toutes les propriétés privées en sont les fondations !
Donc
Cela n'est pas seulement
La collaboration, comme avec les nazis, c'est évident
Ou autre tyrannie, ne pas le comprendre, c'est navrant
Mais avec tout ce qui fait le monde
Mais avec tout ce que fait le monde
La collaboration est toujours du même temps
Hier, aujourd'hui, demain, cela existe simultanément !

 
 Patrice Faubert ( 2014) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway.fr "


 

 

Alle Rechte an diesem Beitrag liegen beim Autoren. Der Beitrag wurde auf e-Stories.org vom Autor eingeschickt Patrice Faubert.
Veröffentlicht auf e-Stories.org am 20.08.2014.

 

Leserkommentare (0)


Deine Meinung:

Deine Meinung ist uns und den Autoren wichtig! Diese sollte jedoch sachlich sein und nicht die Autoren persönlich beleidigen. Wir behalten uns das Recht vor diese Einträge zu löschen! Dein Kommentar erscheint öffentlich auf der Homepage - Für private Kommentare sende eine Mail an den Autoren!

Navigation

Vorheriger Titel Nächster Titel


Beschwerde an die Redaktion

Autor: Änderungen kannst Du im Mitgliedsbereich vornehmen!

Mehr aus der Kategorie"Experimental" (Gedichte)

Weitere Beiträge von Patrice Faubert

Hat Dir dieser Beitrag gefallen?
Dann schau Dir doch mal diese Vorschläge an:

La poule glousse - Patrice Faubert (Emotions)
The Power of Darkness - Ramona Benouadah (Fantasy)