Tristan Durieu

IN TENEBRAS DESCENDUS

Un vent glacial soufflait sur les herbes grises et haute du champs désolé. L’air était palpable, le brouillard avait une odeur terrible, proche de celle de la putréfaction. C’était juste avant la nuit, on ne voyait rien, tout était beaucoup trop sombre et floue, mais il persistait dans l’air une infime lumière grise. Comme le symbole d’un dernier espoir avant la nuit qui durerait.  Le temps trouvait ici un écho particulier, ici il était comme indissociable de la mort, de l’inexistence.

L’homme avançait  sans aucune apparence humaine, ni animal d’ailleurs, simplement une chose qui avançait lentement dans les ténèbres naissant.
Pratiquement nu, il marchait et l’air soufflait sur sa peau dur et noir de crasse. Aveugle, complètement aveugle, il avançait.

Un mal de tête épouvantable lui compressait et lui déchirait la tête. Sans doute le vent qui entrait dans ses oreille et lui fouettait la peau y était pour quelque chose. Ce vent horrible qui semblait ne jamais cesser.
La nuit qui s’unissait avec le brouillard donnait un noir mouvant, dégradé de couleurs lugubres. Il avançait.

Combien d’étoiles invisibles se cachait derrière cette nuit? Brillait elle encore ou bien la pluie avait elle engendré leurs fonte? Et seigneur, que se trouvait il derrière cette couverture humide?

La marche lui faisait oublié, mais la fatigue le faisait fléchir sous son propre poids.

Toute  chose est vaine, sans intérêt, horriblement triviale. Et cette idée s’incrustait un peu plus à chacun de ses  pas dans son crâne. Il marchais, mais pourquoi donc marchait il?  Qui avait il au bout qui pouvait justifier tout cela? Rien, il n’y avait rien, mais il marchait  et cela lui faisait oublier.

Un pas, deux pas, trois pas… et cela ne semblait avoir de fin depuis la nuit des temps.
Et puis rien autour, juste l’herbe gelée qui craquait sous ses pieds.
Ses yeux se fermaient, ses jambes continuait d’avancé sans l’accord de son cerveau, il ne sentait plus rien. Anesthésier.

Il chuta et lorsque son corps fut à terre  le sol sembla l’avaler, il disparut.

 

 

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Veröffentlicht auf e-Stories.org am 26.08.2012.

 

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